-15 ptsIS Andorre vs France10 % vs 25 %
0 %Quote-part dividendes5 % en France (mère-fille)
0 %PV cession participationsQuote-part 12 % en France
0 %IFI / fortune0,5 à 1,5 %/an en France

Holding andorrane vs holding française : comparatif fiscal 2025

IS, régime mère-fille, participation exemption, plus-values, IFI, conventions fiscales : ce comparatif point par point entre la holding andorrane et la holding française (SAS ou SA) répond à la question que nous posent le plus souvent nos clients : vaut-il vraiment la peine de passer en Andorre ?

Tableau comparatif complet : 12 critères décisifs

CritèreHolding France (SAS/SA)Holding Andorre (SA)
IS sur bénéfices25 %10 %
Taux réduit démarrage15 % jusqu'à 42 500 €5 % les 2 premières années
Dividendes reçus filiale (participation exemption)Exonérés, quote-part 5 % à l'IS
(coût effectif 1,25 %)
100 % exonérés, 0 % sans quote-part
Seuil de détention pour l'exonération5 % depuis 2 ans5 % depuis 12 mois
Plus-values cession participationsExonérées, quote-part 12 % à l'IS
(coût effectif 3 %)
100 % exonérées, 0 % sans quote-part
Retenue à la source dividendes vers actionnaires résidentsFlat tax 30 % (ou barème IR)0 % (IRPF 10 % max pour résidents AD)
Impôt sur la fortuneIFI 0,5 – 1,5 %/an sur actifs immobiliersInexistant
Successions en ligne directeJusqu'à 45 % après abattements0 %
CFC (Controlled Foreign Corporation)Art. 209 B CGI, risque si filiale étrangère peu imposéeNon applicable (IS AD = 10 %, > seuil CFC)
Convention fiscale avec la FranceN/A (société française)Oui, signée 2013, en vigueur 2015
Échange automatique d'infos (CRS)Oui (EU)Oui (depuis 2018)
Capital minimumSAS : 1 € / SA : 37 000 €SL : 3 000 € / SA : 60 000 €
Holding France
3/12
Points neutres/avantageux (capital, convention)
Holding Andorre
9/12
Critères favorables vs France

Zoom sur les 3 différences les plus impactantes

1. IS : 15 points d'écart sur le bénéfice net

Pour une holding qui capitalise 500 000 € de bénéfices annuels, la différence IS est de 75 000 € par an (25 % × 500 k€ = 125 k€ vs 10 % × 500 k€ = 50 k€). Sur 10 ans, c'est 750 000 € de capital supplémentaire reinvesti en Andorre. L'effet de capitalisation à IS réduit est le moteur principal du choix andorran pour les groupes opérationnels.

2. Quote-part de frais et charges : le détail qui coûte cher

En France, le régime mère-fille exonère les dividendes mais réintègre une quote-part de frais et charges de 5 % du montant brut soumis à l'IS à 25 %. Sur 1 M€ de dividendes remontés : coût français = 1 M€ × 5 % × 25 % = 12 500 €. En Andorre : 0 €. Pour les plus-values de cession de participations, la quote-part est de 12 % (coût effectif 3 %) contre 0 % en Andorre. Ces chiffres paraissent modestes mais représentent des millions sur des groupes de taille significative.

3. Absence totale d'IFI en Andorre

Une holding qui détient de l'immobilier, même via des filiales, est potentiellement assujettie à l'IFI en France si ses actionnaires sont résidents français. L'IFI frappe à 0,5 % au-delà de 800 k€ et 1,5 % au-delà de 10 M€ de patrimoine net imposable. Un portefeuille immobilier de 5 M€ supporte ~35 000 €/an d'IFI en France. En Andorre : 0 € d'impôt annuel sur le patrimoine.

Quand la holding française reste pertinente

La holding andorrane n'est pas toujours la meilleure solution. Voici les cas où la holding française conserve ses avantages.
  • Activité opérationnelle 100 % en France : si toutes les filiales et les clients sont en France, le gain IS de la holding peut être effacé par les coûts de restructuration et les risques de requalification.
  • Dirigeant non mobile : sans résidence effective en Andorre (183 jours), la holding andorrane peut être requalifiée en société française par l'administration fiscale française si la direction réelle reste en France.
  • PV latentes très importantes au départ : l'exit tax français (art. 221 bis CGI pour les sociétés, art. 167 bis CGI pour les personnes physiques) peut rendre le basculement très coûteux à court terme.
  • Holding avec emplois en France : si la holding elle-même emploie des salariés français, les charges sociales et l'IS français s'appliquent sur la quote-part d'activité française.

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Convention fiscale France-Andorre : ce qu'elle change concrètement

La convention signée en 2013 (en vigueur depuis le 1er juillet 2015) définit les règles de partage d'imposition entre les deux pays. Points clés :

FluxSans conventionAvec convention (taux réduit)
Dividendes holding AD → actionnaire France30 % retenue AD théorique5 % si détention > 10 % / 15 % sinon
Dividendes filiale France → holding AD30 % retenue FR (régime général)5 % si détention > 10 % / 15 % sinon
Intérêts sur prêts intra-groupeRetenue 12 % (FR) ou 10 % (AD)0 % (exonération réciproque)
Redevances et droits de licence33 % (FR)5 % (plafonné)
Plus-values immobilières en FranceImposées en FranceMaintenues en France (clause immobilière)

La convention protège contre la double imposition mais ne supprime pas l'IS français sur les filiales françaises. Elle est indispensable pour structurer un groupe franco-andorran sans fuite fiscale.

Cas concret : groupe Thomas A. (3 M€ de bénéfices annuels)

Thomas dirige un groupe de conseil avec deux filiales opérationnelles. Bénéfice consolidé : 3 M€/an. Il compare la structure holding française actuelle avec une bascule vers une holding andorrane (lui + famille devenant résidents AD).

Holding SAS France (actuel)

IS 25 % filiales + IS 25 % holding sur bénéfices propres + flat tax 30 % sur dividendes personnels + IFI ~25 k€/an

~1 050 000 €
prélèvements fiscaux annuels estimés

Holding SA Andorre

IS 10 % filiales AD + participation exemption 0 % remontée dividendes + IRPF 10 % sur revenus personnels

~380 000 €
prélèvements fiscaux annuels estimés

Estimation indicative pour un groupe avec activité internationale. Si les filiales restent françaises, l'IS français s'applique à leur niveau, le gain se situe surtout sur la holding et la fiscalité personnelle des dirigeants résidents andorrans. Situation à analyser au cas par cas avec nos fiscalistes.

Ce que nous voyons en pratique

  • Le gain IS est réel mais pas automatique : si les filiales opérationnelles restent en France, elles paient 25 % d'IS français. La holding andorrane n'optimise que les bénéfices capitalisés à son niveau et la fiscalité personnelle du dirigeant résident.
  • La double structure (filiales FR + holding AD) est la plus courante : le dirigeant résident en Andorre, holding andorrane, filiales opérationnelles en France. Les dividendes remontent via la convention fiscale (5 % de retenue). C'est légal, documenté et utilisé par des centaines de groupes.
  • La requalification CFC est rare mais réelle : si l'administration française estime que la holding andorrane est dirigée depuis la France (réunions en France, décisions prises depuis la France), elle peut requalifier et appliquer l'IS français sur les bénéfices de la holding. La présence effective du dirigeant en Andorre est non-négociable.
  • L'exit tax est le frein numéro 1 : les personnes physiques qui quittent la France avec des PV latentes > 800 000 € doivent provisionner ou garantir l'impôt potentiel (art. 167 bis CGI). Planning le départ 12 à 18 mois avant est la règle.
  • La holding andorrane est incompatible avec la procrastination : elle nécessite une vraie installation, une comptabilité locale, des assemblées générales tenues en Andorre, et une présence physique documentée. Ce n'est pas une boîte aux lettres.

Questions fréquentes

Quelle est la principale différence fiscale entre une holding andorrane et une holding française ?
L'IS est de 10 % en Andorre contre 25 % en France. En France, le régime mère-fille exonère les dividendes remontés mais réintègre 5 % du montant soumis à l'IS (coût effectif 1,25 %). En Andorre, la participation exemption est totale à 0 %. Sur les plus-values de cession de participations qualifiées, la France applique une quote-part de 12 % soumise à l'IS (coût effectif 3 %), contre 0 % en Andorre.
Le régime mère-fille français est-il équivalent à la participation exemption andorrane ?
Non. Le régime mère-fille réintègre 5 % du dividende brut soumis à l'IS à 25 %, soit 1,25 % de coût effectif. Sur 1 M€ de dividendes reçus : 12 500 € de coût en France, 0 € en Andorre. La participation exemption andorrane est totale et sans réintégration. Ce détail représente des dizaines ou centaines de milliers d'euros pour les groupes qui remontent régulièrement de gros dividendes.
Une holding française peut-elle détenir une filiale andorrane ?
Oui, une SAS ou SA française peut détenir une filiale SA andorrane. Les dividendes remontés de la filiale andorrane vers la holding française bénéficient du régime mère-fille (exonération avec quote-part 5 %). La filiale andorrane reste soumise à l'IS andorran à 10 %. C'est une structure légale et utilisée, mais le gain principal reste à niveau de l'IS de la filiale, pas au niveau de la holding française.
Peut-on transformer une holding française existante en holding andorrane ?
Le transfert de siège social déclenche l'exit tax sociétés (art. 221 bis CGI) sur les plus-values latentes. La solution la plus utilisée est de créer une nouvelle SA andorrane qui rachète progressivement les participations de la holding française. Ce rachat doit être valorisé à prix de marché pour éviter les libéralités soumises à l'IS. Le planning prend généralement 12 à 24 mois et nécessite un audit fiscal préalable.
L'Andorre est-elle considérée comme un paradis fiscal par la France ?
Non. L'Andorre est sur la liste blanche de l'OCDE, a signé une convention fiscale avec la France (en vigueur depuis 2015), et applique l'échange automatique d'informations CRS depuis 2018. Elle ne figure pas sur la liste ETNC (États et Territoires Non Coopératifs) française. Le taux d'IS à 10 % est certes inférieur au taux français, mais il dépasse le seuil de 60 % du taux moyen de l'OCDE utilisé pour qualifier les paradis fiscaux.

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